Les images et le texte de ce blog ne sont pas libres de droits. Toute reproduction, modification, ou
utilisation quelconque nécessite mon autorisation préalable... merci.
Après un bon temps de pause, je suis de retour sur la toile avec ce nouveau blog :
http://ecole-et-cabrioles.blogspot.com
A très vite !
Je suis venue vous dire que je m'en vais...
Merci à toutes et à tous qui avez suivi nos aventures montessoriennes,
Qui avez partagé votre expérience, qui vous êtes réjouis avec nous.
Tous ces échanges nous ont beaucoup soutenu, et les liens tissés à travers la toile se sont parfois révélés très forts.
Encore Merci. Nous garderons un bon souvenir de cette période "bloguesque".
Le blog restera quelques jours ouvert, afin de vous permettre de prendre ce dont vous avez besoin,
en liens et fichiers téléchargeables, puis je le fermerai.
Au revoir !
Good Bye !
Auf Wiedersehen !
Adios !
Addio !
Zbogom !
Farvel !
Hüvasti !
Αντίο !
Búcsú !
Slán leat !
!وداعا
Comme réclamé et promis, voilà un petit mail pour vous parler de mes débuts en Montessori, avec le tout petit recul que je peux avoir puisque cela fait deux ans que nous nous sommes lancés dans l'aventure.
Les lectures :
Je crois que la première chose à faire quand on découvre cette pédagogie, c'est de lire les écrits de la Doctoresse. Maria Montessori a beaucoup écrit, tout au long de sa vie. Elle a revu ses premiers écrits, peaufiné sa pédagogie, réfléchi et observé beaucoup. Lire les récits de ses observations et réflexions est très important, primordial quand on veut comprendre le fonctionnement d'un enfant et comment se positionner par rapport à lui.
Dans les premiers temps, évitez les livres parlant de la pédagogie Montessori (mais pas écrits par elle), mieux vaut aller à la source. Pour commencer, l'Enfant est celui que je conseille généralement en premier, qui est bien pour saisir l'esprit pédagogique. L'Enfant dans la famille développe également les aspects de la pédagogie qui relèvent de la compréhension de l'enfant, et de l'attitude de l'éducateur. Puis, l'Esprit absorbant, pour aller un peu plus loin dans la psychologie de l'enfant. La Pédagogie Scientifique vous permettra de comprendre les matériels et leur utilisation. Eduquer le Potentiel Humain vous donnera une ébauche des grands récits : comment accrocher l'imagination de l'enfant pour l'intéresser au monde dans sa dimension universelle.
Il y en a bien d'autres, à vous de faire vos choix ensuite.
Les blogs divers qui existent sur la toile pourrons également vous inspirer. Attention cependant à lire entre les
lignes pour remettre les choses à leur juste place. Nous (et là, je parle surtout pour moi, en fait) ne sommes pas des mamans miracles, chez qui tout se passe comme dans La Petite Maison dans la
Prairie, avec des enfants beaux, consciencieux et extrêmement faciles à gérer, et une maman patiente comme un ange. Un blog n'est que le reflet de ce que nous vivons de positif, que nous avons
envie de partager, sans nous étaler sur nos petites misères quotidiennes. Rien, ni personne, n'est parfait en ce monde, ne l'oublions pas...
Par ailleurs, le Forum Montessori est un lieu d'échange que je recommande vivement, où il y a beaucoup de mamans expérimentées, certaines formées, qui ont déjà répondu à tout un tas de questions qu'on se pose quand on se lance dans cette aventure... Pour ma part, cela m'a beaucoup aidé à comprendre un certain nombre de choses, sur la mentalité Montessori et sur la façon d'utiliser les matériels.
L'ambiance :
Commencez par soigner l'ambiance. Une classe ou un coin classe aéré, de style épuré, avec de jolis rideaux et des fleurs, cela attire les enfants à coup sûr. Attention à la propreté, à ce que les réserves de papier soient fournies, les crayons taillés, les poubelles vidées. L'ambiance est sans aucun doute plus importante que le matériel en lui même : elle pousse à la concentration.
Je me souviens d'avoir lu un texte où l'on disait que certaines couleurs faisaient ressortir certaines émotions, comme le rouge pour la colère, le vert pour la rêverie (c'est très approximatif, mon souvenir n'est pas très précis). Eh bien, on peut s'en inspirer pour comprendre à quel point l'ambiance d'une classe doit être réfléchie.
L'organisation quotidienne:
Dressez un plan pour suivre votre enfant, avec une liste de présentation de matériels. Cela ne doit pas vous enfermer dans un schéma ou un stress, et il faut essayer de ne pas en être dépendant, et d'être bien à l'écoute de l'enfant.Mais cela m'a aidée à savoir où j'en étais avec quel enfant (je pense que c'est encore plus utile dans le cadre d'une famille nombreuse, ou d'une classe).
Respectez les horaires : l'enfant a besoin d'une structure. On travaille le matin, l'après midi si nécessaire, de préférence dans la même tranche horaire. J'ai testé toutes sortes d'organisations, mais les meilleurs moments passés en classe sont ceux qui sont arrivés après un rituel auquel les enfants étaient habitués : accueil en classe, prière, temps de parole, leçon de silence.
La régularité est également un point important... cette certitude fait que je ne comprends pas toujours ces systèmes où l'enfant travaille quatre jours pleins par semaine, et a des vacances de plus de deux mois... pour moi, l'idéal serait de travailler tous les matins, six jours par semaine, en ayant des vacances qui n'excèdent pas un mois pour l'été. Bien sûr, cela n'arrangerait ni les parents, ni les membres de l'EN, et pourtant je pense que ce serait l'idéal pour l'enfant.
Le matériel :
Il faut résister à l'envie de se précipiter. Un délai de réflexion, d'analyse et de budgétisation vous permettra d'acheter ce qu'il vous faut, sans trop vous ruiner et de façon logique. Pour ne pas vous mentir, l'acquisition du matériel Montessori nécessite tout de même d'y consacrer une partie de votre budget, même si vous avez l'intention d'en fabriquer la majorité.
Pour être passée par là, je crois que dans le cadre d'une famille nombreuse où le temps "libre" est limité, il vaut mieux envisager un seul gros et long chantier, afin de ne pas commencer plein de choses et de ne pas parvenir à les finir. Si vous choisissez de fabriquer les perles, prévoyez d'acheter les cartes de géographie par exemple. Le temps est précieux, et il vaut peut-être mieux le consacrer à approfondir votre connaissance de la pédagogie Montessori.
Voilà une liste par catégorie, de ce que vous pouvez envisager de fabriquer et/ou d'acheter. A vous d'adapter ensuite à vos qualités de bricoleuse !
En Vie Pratique :
Il n'y a pas grand chose à fabriquer en VP, mais tout ce que vous achèterez pourra se trouver en brocante ou dans les vides greniers qui recèlent des trésors.
Si vous le pouvez, fabriquez les cadres d'habillages (c'est très simple), en prenant un cadre de décoration comme base du cadre cela se fait très bien.
En Vie Sensorielle :
A acheter
tour rose, escaliers marrons, cabinet de géométrie, solides géométriques, triangles constructeurs, blocs des cylindres, cube du trinôme et binôme, cylindres de couleurs, cylindres des pressions,
tablettes baryques, tablettes thermiques, cabinet de botanique, cabinet de géographie, globe rugueux et des continents.
A faire soi-même
barres rouges, boîtes à sons, tablettes rugueuses, boîtes à goût et à odeurs, bouteilles thermiques, sac mystère.
Le bémol est mis sur : triangles constructeurs, cabinets de géographie et de botanique, les globes : certaines les ont fabriqués, à vous de voir. Pour ma part j'ai commencé les cartes-puzzles, je me suis bien amusée, mais... le cabinet attend toujours les 6 dernières cartes...
En maths :
A faire soi-même
barres numériques
chiffres rugueux
chiffres et jetons
fuseaux
affiches pour la mémorisation des opérations
le jeu de la banque
A acheter
matériel des perles (c'est très simple à faire mais très long !)
tables de séguin
le jeu des timbres
plateaux à trous multiplication et division
petit boulier, grand boulier
Bémol : Séguin, les timbres, peuvent être fabriqués également.
En langage
A faire soi-même :
pots à crayons
lettres rugueuses (une bonne journée de travail !)
grand alphabet mobile (prévoyez d'acheter une boîte, ou d'en fabriquer une)
petit alphabet mobile cursive (idem pour les boîtes)
petits alphabets mobiles scripts (idem pour les boîtes)
boîtes à sons
nomenclatures, images classifiées
phonèmes
studias
premiers livrets de lecture
symboles de grammaire
fichiers de nature des mots, d'analyse de la phrase
boites des ordres (grammaire)
A acheter :
formes à dessin (préférez les métalliques)
boîtes de grammaire, boîtes de réserve.
Encore une fois, ceci est donné à titre indicatif, à vous de réfléchir à ce que vous pourrez faire vous-même !
Voilà, désolée d'avoir mis si longtemps à écrire ce post, je dispose de très peu de temps libre en ce moment.
(et mon temps libre, je le passe à dormir...)
A bientôt !
... parce que ce texte là m'a beaucoup marquée lorsque j'étais adolescente, et que je le retrouve par hasard, et que j'ai envie de le partager avec vous...
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras
un Homme, mon fils.
Rudyard Kipling
Mabelle : - "Maman, ce matin, n'oubliez pas de recoller ma bague !"
Pitch : - "Maman, cet après midi, il faudra faire attention à ce que les petits n'aillent pas dans mon lit pour toucher à TOUS mes trésors !"
le Papa : - "Chérie, n'oublie pas d'imprimer mes photos aujourd'hui !"
Risette : "Maman, il y a bien mon goûter dans mon sac ? Qu'est-ce que c'est ? Mmmhhh !"
Nistoun (voix larmoyante et bras tendus) - "maaaaaaaaammaaaaaaaaaaa"
Que ferait le monde sans moi, je vous le demande...
![]()
(et que ferais-je sans Dieu ?)
Une idée, pour gérer Nistoun l'année prochaine, puisqu'il ne dort plus le matin, tout en faisant école aux autres ?
Créer une ambiance qui ressemble à ça :
http://www.flickr.com/photos/35832724@N02/sets/72157619330123564/
Et là, je n'ai qu'un mot : OUAH !!
Ce matin, lors de la visite médicale annuelle, j'ai appris à mon médecin que les enfants faisaient école à la maison. Elle l'a aussitôt noté dans le carnet de santé
de Pitch, à la page du bilan de santé obligatoire entre 5 et 6 ans...
Est-ce une maladie ???
Voilà un outil bien efficace et assez étonnant. L'inconscient, cette petite chose qu'on a tendance à minimiser, quel outil précieux quand on a 4 ans et tout à
apprendre sur le monde !
Maria Montessori en parle dans son livre Eduquer le potentiel humain : "Cette mémoire inconsciente fait preuve d'une merveilleuse mobilité et
garde une trace de tout évènement, même si l'individu n'en a pas conscience".
Trois facteurs régissent cette pensée inconsciente. Cette mémoire, appelée mnèmè, est une zone dans laquelle sont conservés l'intégralité des souvenirs et expériences vécus
depuis la conception de l'être humain. Quelqu'un qui a appris certaines choses durant ses études peut ne pas s'en souvenir, et avoir cependant certaines facilités à les réapprendre, car
la mnèmè en aura gardé des traces indélébiles (appelées engrammes). "Dans nos écoles - où l'on tient compte de cela - les capacités intellectuelles de l'enfant s'en trouvent
considérablement amplifiées" car on lui donne l'occasion d'enrichir ses engrammes "par le biais d'expériences diverses et répétées".
Un deuxième facteur, celui de l'impulsion à agir, est une "impulsion vitale qui pousse toute créature du vivant à réaliser des expériences en vue d'enrichir ses
engrammes". Cette force pousse les enfants à la répétition de l'exercice, "jusqu'à être pleinement satisfaits de son résultat".
Troisième facteur, celui de "l'association d'idées, c'est à dire la formation de séquences de pensées [...] autour d'une idée initiale donnée, viennent se regrouper un certain
nombre d'autres idées en harmonie ou en opposition avec celle de départ". Ce qui met en valeur à mon sens l'importance d'organiser les présentations de manière ordonnée, construite, de façon à
permettre à l'enfant d'organiser dans son jeune esprit la séquentialité qui régit chaque manière d'utiliser les matériels. Et plus tard, autour d'une idée, d'associer d'autres travaux qui
sembleraient n'avoir aucun rapport, et qui vont lui permettre cependant de grandir.
Quel rapport avec la semoule ? J'y réfléchis depuis quelques temps car cela m'a sauté aux yeux en observant Mabelle. Avant noël, vous vous souvenez, je lui avait (re)présenté les cartes et
jetons, et elle avait tenté de le faire, de manière désorganisée, en plaçant les chiffres à l'envers, et les pions de manière très aléatoire. Depuis, nous n'y avons presque pas touché, je me suis
gardée de trop insister sur ce travail. Qu'a-t-elle construit en son fort intérieur pendant tout ce temps ? Quel autre travail lui a permis d'aborder, un mois 1/2 plus tard, cette difficulté sans
hésiter ? Je n'ai pas suivi. Pourtant, il y a quelques jours, quand elle est venue me demander de lui présenter le système décimal, je lui ai répondu avec douceur que j'avais hâte de le lui
montrer, mais pour qu'elle soit prête il fallait qu'elle travaille d'abord sur les pions et les jetons. Elle s'est alors installée sur un tapis. J'avais changé les chiffres et les jetons, c'est
peut-être ce qui a eu raison de la difficulté :
Travail en décembre :
La semaine dernière :
En tout cas, maintenant j'en suis convaincue : entre deux moments où l'enfant va travailler sur un matériel, il peut progresser de manière spectaculaire, même s'il s'est passé un long moment
apparemment inactif. Car avec la pédagogie Montessori, l'ensemble des matériels sont liés les uns aux autres et permettent cette construction séquentielle de l'esprit qui fait associer à une idée
principale tout un tas de données extérieures.
D'ordinaire, le dimanche, nous ne travaillons pas. D'abord c'est le jour du Seigneur, et puis c'est aussi le jour de la famille. Ce dimanche cependant, alors que je
pensais me lancer dans un bricolage après le déjeuner, Pitch est venu me chercher dans mon atelier. "Maman, on a envie d'aller dans la salle de classe" (par "on", comprendre "je", bien
sûr...)
Je suis intriguée, mais je sens que c'est important. J'interromps tout (et ce fut difficile, je vous l'assure !) et je suis mes enfants qui m'attendent dans l'escalier, à l'appel de Pitch.
Arrivée dans la salle de classe, celui-ci se précipite sur la première boite de lecture que je lui ai présentée la veille. Il place chaque étiquette près de l'objet correspondant, puis passe à
autre chose. En deux heures, il enchaîne maths, sensoriel, vie pratique, graphisme et langage, répétant certaines activités, innovant sur d'autres avec une ardeur, une motivation que je ne me
souviens pas lui avoir déjà vue.
Quand l'appel de l'esprit se fait, plus rien d'autre ne compte.
"Dans le milieu où les stimulants sensoriels sont exposés au libre choix de l'enfant, la maîtresse (après un premier temps où elle les aura présentés et en aura indiqué l'usage) doit chercher
à s'éliminer.
L'activité de l'enfant est poussée par son propre moi et non par la volonté de la maîtresse."
Pour une maîtresse Montessori, trouver sa juste place n'est pas inné, et demande un certain travail sur sa propre personnalité. "Il ne s'agit pas d'enseigner à l'enfant des connaissances [...] au moyen d'objets". Car si c'était cela, l'instruction serait la même que dans l'école traditionnelle, avec quelques matériels bien conçus en plus. La maîtresse "déverserait ses connaissances" dans l'esprit de l'enfant, par le biais du matériel, corrigeant "chaque erreur jusqu'à ce que l'enfant ait appris."
Non, le rôle de la maîtresse est bien plus ingrat (à nos yeux d'adultes), bien plus effacé et discret. La maîtresse est une observatrice silencieuse, guidant et orientant l'enfant dans ses apprentissages et dans le choix du matériel, véritable "moyen didactique" : "Cet ensemble [de matériels] constitue une aide pour l'enfant qui les choisit, se les approprie, s'en sert et s'y exerce selon ses propres tendances et besoins, d'après l'impulsion qu'il ressent".
La maîtresse a un rôle nécessaire, toutefois : elle est le "trait d'union entre l'enfant et le matériel" : elle doit enseigner à l'enfant l'usage du matériel, et
pour cela doit le connaître parfaitement, s'être entraînée longuement en l'utilisant elle-même. "Elle doit savoir choisir l'objet et le présenter de façon à susciter l'intérêt de
l'enfant".
Les qualités d'une maîtresse : "elle doit apprendre à observer, à être calme, patiente et humble, à contenir ses propres impulsions".
Eh bien, il y a du travail ! Un beau programme, que tout cela !
Je suis dans la relecture de La Pédagogie Scientifique 1, que j'avais feuilleté, et que je reprends intégralement et... dans l'ordre. Bref, je lis ces chapitres qui
expliquent l'attitude de la maîtresse, et les gestes à observer ou à interdire à l'enfant. Si ce chapitre ne m'avait pas tellement parlé alors, je dois dire qu'aujourd'hui tout s'éclaire !
Voilà un petit résumé : MM explique le rôle passif, observateur de la maîtresse Montessori. S'il y a des choses à proscrire ( "[la] liberté [de l'enfant] doit avoir comme limite l'intérêt
collectif, et comme forme ce que nous appelons l'éducation des manières et des gestes" ), il faut "admettre que la vie, et ce qui en découle, a son autonomie, et que, pour l'étudier,
saisir ses secrets, il faut l'observer sans intervenir".
Ainsi, au départ, les maîtresses réclamaient l'immobilité et le silence chez les enfants, sans tenir compte de l'utilité de leurs mouvements. Puis, lasses des remarques de MM (qui, entre nous
soit dit, n'avais pas l'air d'être très commode...) elles finirent par laisser tout faire, et MM vit "certains les pieds sur la table et les doigts dans le nez sans qu'elles intervinssent
pour les corriger". Empêcher les mouvements indésirables, cela permettra à l'enfant d'avoir un clair discernement du bien et du mal.
Le but de la pédagogie Montessori est de "discipliner l'activité, et non pas d'immobiliser l'enfant et de le rendre passif".
Voilà ce que mon cher et tendre essayait de me faire comprendre et que j'avais du mal à appliquer, ayant des tendances autoritaristes à réclamer le silence coûte que coûte... je me retrouve
tellement dans la phrase : "quand [la maîtresse], désireuse de suivre nos préceptes, n'obtient pas l'ordre et le silence, elle regarde autour d'elle, désolée, appelant le monde à témoin de
son innocence". Alors qu'en réalité, il y a un désordre initial nécessaire, qu'il faudra par la suite canaliser en empêchant certains actes néfastes et en autorisant ceux qui mènent à la
construction de l'enfant.
Pour le petit exemple, cette matinée a commencée chargée car je dépannais une amie en lui prenant quelques heures ses trois enfants. En enlevant les deux bébés, cela faisait cinq enfants dans la
salle de classe, et je commencais la matinée de travail sur le qui-vive, attentive à ce que l'ambiance ne dérape pas en énorme bazard. Il a fallu que je descende un instant m'occuper du Nistoun,
et remonter 10mn plus tard, pour comprendre que mes interventions pour appeler au silence ne servaient à rien, sinon à ajouter du bruit. Tout se passait pour le mieux, les enfants papillonnant
d'une activité à l'autre, certains observant les autres, d'autres pleinement concentrés et ne se préoccupant pas de la vie autour. En ma présence ou non, les enfants avaient la même attitude, de
"désordre organisé" en quelque sorte.
Une consigne pratique, bien utile : "On peut donc ordonner les enfants en les installant à leur place ; et on peut chercher à leur en faire comprendre la signification de façon à leur faire
assimiler un principe d'ordre collectif ; voilà l'important".
Reçu ! Merci Maria !